02.04.2008
Blasté
Présentée à l'Usine C
Par Sybillines
Texte de Sarah Kane
Traduction de Jean-Marc Dalpé
Mise en scène de Brigitte Haentjens
Vue le 2 avril 2008
Eh non, je n'ai pas grand-chose à dire sur cette production. Je m'attendais à beaucoup, il faut le dire, alors confronter ses attentes à la réalité peut parfois être dur. En fait, je n'ai pas trouvé la mise en scène mauvaise, ni même ordinaire, non, c'était une proposition honnête, qui voulait coller au réalisme. Seulement, c'est difficile de coller au réalisme au théâtre, quand on se lance ce défi, il faut accepter que l'on puisse échouer. En l'occurrence, il n'était pas évident de se laisser emporter par l'histoire car la mise en scène réaliste se heurtait toujours aux limites du jeu théâtral. Je vois le trucage, je vois qu'il ne viole pas vraiment. Non que je m'attendais à un véritable viol sur scène! Eurk! Non, mais je décrochais en voyant les trucages, la réalité montrait ses coulisses, ses décors... bref.
Ceci dit, j'ai bien aimé voir Céline Bonnier dans un rôle différent de ce qu'elle fait d'habitude, puis de voir Roy Dupuis au théâtre. Sans que je sache pourquoi, voir jouer Paul Ahmarani sur scène me perturbe, peut-être que l'étrangeté du caractère de ce soldat lui collait trop à la peau...
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27.03.2008
Cnstruction
Présentée au Théâtre du Rideau Vert
Texte de Pier-Luc Lasalle
Mise en scène de Daniel Roussel
Vue le 27 mars 2008
Dans cette pièce, l'auteur examine à la loupe les rêves et les faiblesses d’une génération pour laquelle « tout est au bout d’un clic » et selon laquelle il faut réussir ou à tout le moins, le faire croire aux autres.
Le jeu des comédiens donne plutôt l’impression que la pièce ne fait qu’effleurer une critique portée sur une génération. Allant parfois jusqu’à la caricature, les personnages s’agitent, parlent fort, chantent longuement et inutilement un karaoké qui n’apporte rien à l’histoire. Très franchement, c'est Hélène Bourgeois Leclerc qui s’en tire le mieux dans le rôle de Lucie, le personnage principal de la pièce.
Je me demande ce qui a motivé la directrice artistique à choisir ce texte. Par son thème et le regard qu’il porte sur la génération des 25-30 ans, le texte est peut-être intéressant mais il a surtout beaucoup de faiblesses.
Et je ne vous parlerai pas des ridicules projections vidéos...
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18.03.2008
Antilopes
Présentée au Théâtre Prospero
Texte de Henning Mankell
Mise en scène de Carmen Jolin
Vue le 18 mars 2008
Vraiment peu de choses à dire sur ce spectacle que je n'ai pas vraiment aimé. Je m'y suis même plutôt ennuyée. Pourtant le texte m'a paru intéressant, la situation aussi, mais quelque chose ne levait pas avec cette mise en scène. Et puis les décors de carton du Prospero...
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27.02.2008
La société de Métis
Présentée à Espace libre
Texte de Normand Chaurette
Mise en scène de Joël Beddows
Vue le 28 février 2008
En bref, à Métis-sur-Mer, Zoé Pé, une riche rentière cultive ses jardins comme ses amitiés. Pendant l’été 54, elle s’aperçoit que son voisin, un peintre, a entrepris de réaliser son portrait et celui de ses invités. Alors Zoé Pé veut ces toiles, mais le peintre refuse et son désir tourne à l'obsession. Plutôt que de laisser les protagonistes raconter, ce sont leurs portraits, oubliés et dédaignés dans un musée de Rimouski, qui sortent brièvement des cadres pour revivre leurs souvenirs.
L'interprétation est vraiment excellente, rien à redire, mis à part le narrateur que je trouve trop extérieur à l'action, on dirait que le comédien peinait à trouver sa place dans l'histoire. La scénographie de Jean Hazel accentue l’impression qu’a le spectateur de visiter un musée : sur scène, le clinquant des miroirs et la dorure des cadres évoquent le musée et la riche demeure de Zoé Pé. Pièce étonnante, la Société de Métis plonge vraiment plus loin que les simples émotions. Elle pousse le public à s’interroger sur la fonction même de l’art et sur son moteur de création. C'est à regret, que j'ai vu les portraits regagner leurs tableaux et s’y figer à nouveau.
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22.02.2008
Bacchanale
Présentée au Théâtre d'Aujourd'hui
Texte d'Olivier Kemeid
Mise en scène de Frédéric Dubois
Vue le 22 février 2008
Bacchanale, la nouvelle pièce d’Olivier Kemeid se développe en véritable incendie de la parole. Descendantes directes de Françoise Durocher, waitress, six femmes s’emparent de la scène. Elles survivent à une nuit de folie pendant laquelle les gin tonic, les drinks et les bières valsent d’un bout à l’autre de la salle. Frédéric Dubois, qui signe ici sa première mise en scène à Montréal, a rassemblé autour de lui des comédiennes d’expérience : Violette Chauveau, Marie-Claude Giroux, Johanne Haberlin, Michelle Rossignol, Isabelle Roy et Isabelle Vincent. Toutes endossent avec énergie les costumes de serveuses, gérante et propriétaire. Isabelle Vincent est particulièrement truculente dans le rôle de la gérante stressée. Elle n’entend pas à rire, mais provoque chaque fois les rires du public.
Les personnages s’expriment dans un « surjoual » qui rappelle celui des Belles-sœurs et s’apparente beaucoup au langage déformé de Gauvreau et de Ducharme. Les phrases se tordent (« j’aime autant te le prévenir ») et le son « re » se multiplie, les serveuses parlent par exemple du « réfrigérerateur ». Et puis il y a un second langage, davantage poétique. Celui-là, j'ai pas vraiment saisi sa pertinence. Durant les monologues, les femmes l’emploient pour exprimer leurs rêves et leurs cauchemars, mais le texte perd en vivacité et en rythme et chaque fois, je décroche. Par contre, j'ai beaucoup aimé le chœur des alcools. Immobiles au milieu du public, les comédiennes résument l’infernale soirée qu’elles traversent en énumérant les commandes des clients et les actions qu’elles posent. Ce chœur monte jusqu’à la cacophonie puis explose littéralement lorsque le cathartique last call résonne enfin dans la salle.
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20.02.2008
Flash
Présenté à la Tohu
Par New Circus of Asia
Mise en scène de Jerry Snell
Vu le 20 février 2008
Ce tout premier spectacle du New Circus of Asia a pour objectif de faire connaître au public d’ici les philosophies et disciplines artistiques orientales. Le mariage, bien qu'intéressant, manque malheureusement de souffle. Friands que nous sommes des prestations de haute voltige, de vitesse et de virtuosité auxquelles nous ont habitués le Cirque du Soleil et le Cirque Éloize, on ne peut qu'être déçus par l'apparente facilité des numéros présentés par la troupe de Jerry Snell. Le feuillet de publicité pour Flash vantait les mérites d'un spectacle qui dévoile les tendances récentes en arts martiaux, en kung-fu et en hip-hop, mais on ne retrouve rien de bien nouveau dans les démonstrations de capoeira (exécutées beaucoup trop lentement pour impressionner), de sabres et d'exercices au sol. Les culbutes, les courses d'un côté à l'autre de la scène et la manipulation esquissée des sabres et autres armes asiatiques suscitent plutôt le désir de voir les danseurs pousser plus loin leurs combats acrobatiques.
Tandis que les artistes manipulent leurs armes de cérémonie, l'excitation et l’impatience du public montent graduellement. Quel danger les artistes courront-ils ? Quelles surprenantes acrobaties vont-ils exécuter ? Cependant, les numéros déçoivent car ils demeurent simples, n’entraînant aucune montée dramatique. Ils semblent n’y être que pour accompagner la musique. Voilà, la musique prend toute l'importance dans ce spectacle. Elle résonne fort et donne des accents rock à la représentation, laissant croire que l'on assistera à un déploiement à sa hauteur : rapide et rythmé, de quoi faire sentir tout le danger des exercices. Or, seuls la contorsionniste Lena Ries et l'équilibriste, James Tanabe, également assistant-directeur, tirent réellement leur épingle du jeu, s’accordant à la vivacité de la trame sonore.
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14.02.2008
La femme d'avant
Présentée au Théâtre Prospero
Par le Groupe La Veillée
Texte de Roland Schimmelpfennig
Mise en scène de Theodor Cristian Popescu
Vue le 14 février 2008
Jeudi dernier, soir de la terrible St-Valentin, je suis allée voir "la Femme d'avant" au Théâtre Prospero.
La veille du déménagement de Claudia et Frank , mariés depuis 19 ans, Romy Vogtländer apparaît à leur porte et déclare avoir été et être toujours en couple avec Frank. Il y a plus de vingt-quatre ans, Frank lui a déclaré qu’il l’aimerait pour toujours. Forte de cette promesse, Romy revient pour réclamer qu’elle soit tenue. Voilà pour l'histoire.
Mais tout l'intérêt de la pièce réside, n'en déplaise à Sylvie St-Jacques, dans la construction du récit davantage que dans le récit. Popescu s'est amusé avec le texte de Schimmelpfennig (un auteur allemand) et a déconstruit la pièce. On joue les scènes dans le désordre, on passe de 7 minutes plus tard à 2 minutes plus tôt, on reprend plusieurs fois certaines séquences. Bref, c'est un joyeux casse-tête que j'ai pris plaisir à remettre dans l'ordre. Et puis le lent passage de la comédie vers l'horreur... Certes, on ne verse pas complètement dans l'horreur ni dans le drame, ça reste toujours plutôt rigolo, mais j'ai trouvé la présence de Romy bien inquiétante tout au long de la pièce.
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09.02.2008
Les enchaînés
Présentée à la Maison Théâtre
Par Flash Marionnettes
Mise en scène de Ismaïl Safwan
Texte de Philippe Dorin
Vue le 9 février 2008
Ah, me disais-je, enfin un spectacle de marionnettes! Le dernier remonte à bien loin, trop loin. Associé aux enfants, l'art de la marionnette se réfugie bien souvent sous le toit de la Maison Théâtre là où il faut s'y prendre 3 semaines d'avance pour dégotter une paire de billets. Heureusement, il y a quelques représentations en soirée et heureusement surtout que j'ai eu une invitation!
Mis à part quelques références et mots de vocabulaire typiquement français, on retrouve là tout le monde télévisuel et ses effets tout aussi dopant (tout y paraît pire, gros, débordant) et dépendant. Car ces pauvres marionnettes, enchaînées par d'autres fils que ceux auxquels on croit, ne peuvent plus quitter la télévision des yeux, de peur qu'il se passe quelque chose de terrible (la fin du monde sûrement) pendant qu'elles regardent ailleurs. Pauvre gamin à qui on remet la télécommande comme s'il s'agissait d'une baguette magique susceptible de contrôler l'univers. Certes, elle contrôle un monde, mais est-ce celui contenu dans l'écran ou celui du téléspectateur?
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07.02.2008
Les Grandes occasions
Présentée au Théâtre du Rideau vert
Texte de Bernard Slade
Traduction de Michel Tremblay
Mise en scène de Frédéric Blanchette
Vue le 7 février 2008
Je vous avoue que je ne suis pas une habituée de cette salle de théâtre. J'y ai été quelques fois, mais je n'y ai jamais vécu une expérience théâtrale profonde ni particulièrement renversante. On y fait, le plus souvent, du théâtre conventionnel.
"Les grandes occasions" ne déroge pas à cette ligne de conduite. Un couple divorce après 20 ans de mariage, mais leur vie commune ne s'arrête pas là puisqu'il y a les enfants et que les occasions de se revoir sont multiples. Ils ne coupent jamais tout à fait les liens et dans les moments plus difficiles, c'est naturellement vers l'autre qu'ils se tournent.
Louise Marleau et Gilbert Sicotte campent bien leurs personnages, chaque tableau permettant de découvrir l'évolution et les années qui les séparent. Hélas, la représentation adhère à la réalité. Je ne retrouve pas dans ce genre de théâtre, ce qui me colle à mon siège comme de la glue et m'empêche de quitter la scène des yeux. On m'a raconté joliment une belle histoire, ça ne va pas plus loin.
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16.01.2008
Les mondes possibles
Présentée au Théâtre Prospero
Par le Théâtre du Quat'sous
Mise en scène d'Arianna Bardesono
Vue le 16 janvier 2008
Peut-être êtes-vous assis en ce moment devant votre ordinateur, la main sur la souris à 10 cm exactement de votre clavier. Peut-être y a-t-il un autre vous dans un univers parallèle assis devant un ordinateur tout pareil, mais la souris sur laquelle se pose votre main se trouve-t-elle à 15 cm du clavier. Peut-être que dans un autre univers encore, vous n'avez pas d'ordinateur ou que ce soir-là, vous avez fait un malaise et en êtes mort. Peut-être.
Il y a tant de mondes possibles et c'est ceux-là qu'explore George Barber, un homme qu'on a retrouvé mort et privé de son cerveau. Il navigue sans gouvernail au milieu d'une mer infinie de possibilités. Seuls l'encadrent quelques murs de sable et comme eux, tout s'effrite autour de George. Mais dans chaque monde possible, George trouve Joyce puis la perd, dans chaque monde possible, il y a une lumière qui clignote.
La chute, on la devine très tôt, mais elle n'a pas réellement d'importance, c'est plutôt l'évocation de tant de variations qui donne le vertige. Pourtant, à quoi bon se soucier de ce qui aurait pu être comme de ce qui n'est pas?
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