22.02.2008
Bacchanale
Présentée au Théâtre d'Aujourd'hui
Texte d'Olivier Kemeid
Mise en scène de Frédéric Dubois
Vue le 22 février 2008
Bacchanale, la nouvelle pièce d’Olivier Kemeid se développe en véritable incendie de la parole. Descendantes directes de Françoise Durocher, waitress, six femmes s’emparent de la scène. Elles survivent à une nuit de folie pendant laquelle les gin tonic, les drinks et les bières valsent d’un bout à l’autre de la salle. Frédéric Dubois, qui signe ici sa première mise en scène à Montréal, a rassemblé autour de lui des comédiennes d’expérience : Violette Chauveau, Marie-Claude Giroux, Johanne Haberlin, Michelle Rossignol, Isabelle Roy et Isabelle Vincent. Toutes endossent avec énergie les costumes de serveuses, gérante et propriétaire. Isabelle Vincent est particulièrement truculente dans le rôle de la gérante stressée. Elle n’entend pas à rire, mais provoque chaque fois les rires du public.
Les personnages s’expriment dans un « surjoual » qui rappelle celui des Belles-sœurs et s’apparente beaucoup au langage déformé de Gauvreau et de Ducharme. Les phrases se tordent (« j’aime autant te le prévenir ») et le son « re » se multiplie, les serveuses parlent par exemple du « réfrigérerateur ». Et puis il y a un second langage, davantage poétique. Celui-là, j'ai pas vraiment saisi sa pertinence. Durant les monologues, les femmes l’emploient pour exprimer leurs rêves et leurs cauchemars, mais le texte perd en vivacité et en rythme et chaque fois, je décroche. Par contre, j'ai beaucoup aimé le chœur des alcools. Immobiles au milieu du public, les comédiennes résument l’infernale soirée qu’elles traversent en énumérant les commandes des clients et les actions qu’elles posent. Ce chœur monte jusqu’à la cacophonie puis explose littéralement lorsque le cathartique last call résonne enfin dans la salle.
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20.02.2008
Flash
Présenté à la Tohu
Par New Circus of Asia
Mise en scène de Jerry Snell
Vu le 20 février 2008
Ce tout premier spectacle du New Circus of Asia a pour objectif de faire connaître au public d’ici les philosophies et disciplines artistiques orientales. Le mariage, bien qu'intéressant, manque malheureusement de souffle. Friands que nous sommes des prestations de haute voltige, de vitesse et de virtuosité auxquelles nous ont habitués le Cirque du Soleil et le Cirque Éloize, on ne peut qu'être déçus par l'apparente facilité des numéros présentés par la troupe de Jerry Snell. Le feuillet de publicité pour Flash vantait les mérites d'un spectacle qui dévoile les tendances récentes en arts martiaux, en kung-fu et en hip-hop, mais on ne retrouve rien de bien nouveau dans les démonstrations de capoeira (exécutées beaucoup trop lentement pour impressionner), de sabres et d'exercices au sol. Les culbutes, les courses d'un côté à l'autre de la scène et la manipulation esquissée des sabres et autres armes asiatiques suscitent plutôt le désir de voir les danseurs pousser plus loin leurs combats acrobatiques.
Tandis que les artistes manipulent leurs armes de cérémonie, l'excitation et l’impatience du public montent graduellement. Quel danger les artistes courront-ils ? Quelles surprenantes acrobaties vont-ils exécuter ? Cependant, les numéros déçoivent car ils demeurent simples, n’entraînant aucune montée dramatique. Ils semblent n’y être que pour accompagner la musique. Voilà, la musique prend toute l'importance dans ce spectacle. Elle résonne fort et donne des accents rock à la représentation, laissant croire que l'on assistera à un déploiement à sa hauteur : rapide et rythmé, de quoi faire sentir tout le danger des exercices. Or, seuls la contorsionniste Lena Ries et l'équilibriste, James Tanabe, également assistant-directeur, tirent réellement leur épingle du jeu, s’accordant à la vivacité de la trame sonore.
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14.02.2008
La femme d'avant
Présentée au Théâtre Prospero
Par le Groupe La Veillée
Texte de Roland Schimmelpfennig
Mise en scène de Theodor Cristian Popescu
Vue le 14 février 2008
Jeudi dernier, soir de la terrible St-Valentin, je suis allée voir "la Femme d'avant" au Théâtre Prospero.
La veille du déménagement de Claudia et Frank , mariés depuis 19 ans, Romy Vogtländer apparaît à leur porte et déclare avoir été et être toujours en couple avec Frank. Il y a plus de vingt-quatre ans, Frank lui a déclaré qu’il l’aimerait pour toujours. Forte de cette promesse, Romy revient pour réclamer qu’elle soit tenue. Voilà pour l'histoire.
Mais tout l'intérêt de la pièce réside, n'en déplaise à Sylvie St-Jacques, dans la construction du récit davantage que dans le récit. Popescu s'est amusé avec le texte de Schimmelpfennig (un auteur allemand) et a déconstruit la pièce. On joue les scènes dans le désordre, on passe de 7 minutes plus tard à 2 minutes plus tôt, on reprend plusieurs fois certaines séquences. Bref, c'est un joyeux casse-tête que j'ai pris plaisir à remettre dans l'ordre. Et puis le lent passage de la comédie vers l'horreur... Certes, on ne verse pas complètement dans l'horreur ni dans le drame, ça reste toujours plutôt rigolo, mais j'ai trouvé la présence de Romy bien inquiétante tout au long de la pièce.
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