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27.02.2008
La société de Métis
Présentée à Espace libre
Texte de Normand Chaurette
Mise en scène de Joël Beddows
Vue le 28 février 2008
En bref, à Métis-sur-Mer, Zoé Pé, une riche rentière cultive ses jardins comme ses amitiés. Pendant l’été 54, elle s’aperçoit que son voisin, un peintre, a entrepris de réaliser son portrait et celui de ses invités. Alors Zoé Pé veut ces toiles, mais le peintre refuse et son désir tourne à l'obsession. Plutôt que de laisser les protagonistes raconter, ce sont leurs portraits, oubliés et dédaignés dans un musée de Rimouski, qui sortent brièvement des cadres pour revivre leurs souvenirs.
L'interprétation est vraiment excellente, rien à redire, mis à part le narrateur que je trouve trop extérieur à l'action, on dirait que le comédien peinait à trouver sa place dans l'histoire. La scénographie de Jean Hazel accentue l’impression qu’a le spectateur de visiter un musée : sur scène, le clinquant des miroirs et la dorure des cadres évoquent le musée et la riche demeure de Zoé Pé. Pièce étonnante, la Société de Métis plonge vraiment plus loin que les simples émotions. Elle pousse le public à s’interroger sur la fonction même de l’art et sur son moteur de création. C'est à regret, que j'ai vu les portraits regagner leurs tableaux et s’y figer à nouveau.
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22.02.2008
Bacchanale
Présentée au Théâtre d'Aujourd'hui
Texte d'Olivier Kemeid
Mise en scène de Frédéric Dubois
Vue le 22 février 2008
Bacchanale, la nouvelle pièce d’Olivier Kemeid se développe en véritable incendie de la parole. Descendantes directes de Françoise Durocher, waitress, six femmes s’emparent de la scène. Elles survivent à une nuit de folie pendant laquelle les gin tonic, les drinks et les bières valsent d’un bout à l’autre de la salle. Frédéric Dubois, qui signe ici sa première mise en scène à Montréal, a rassemblé autour de lui des comédiennes d’expérience : Violette Chauveau, Marie-Claude Giroux, Johanne Haberlin, Michelle Rossignol, Isabelle Roy et Isabelle Vincent. Toutes endossent avec énergie les costumes de serveuses, gérante et propriétaire. Isabelle Vincent est particulièrement truculente dans le rôle de la gérante stressée. Elle n’entend pas à rire, mais provoque chaque fois les rires du public.
Les personnages s’expriment dans un « surjoual » qui rappelle celui des Belles-sœurs et s’apparente beaucoup au langage déformé de Gauvreau et de Ducharme. Les phrases se tordent (« j’aime autant te le prévenir ») et le son « re » se multiplie, les serveuses parlent par exemple du « réfrigérerateur ». Et puis il y a un second langage, davantage poétique. Celui-là, j'ai pas vraiment saisi sa pertinence. Durant les monologues, les femmes l’emploient pour exprimer leurs rêves et leurs cauchemars, mais le texte perd en vivacité et en rythme et chaque fois, je décroche. Par contre, j'ai beaucoup aimé le chœur des alcools. Immobiles au milieu du public, les comédiennes résument l’infernale soirée qu’elles traversent en énumérant les commandes des clients et les actions qu’elles posent. Ce chœur monte jusqu’à la cacophonie puis explose littéralement lorsque le cathartique last call résonne enfin dans la salle.
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20.02.2008
Flash
Présenté à la Tohu
Par New Circus of Asia
Mise en scène de Jerry Snell
Vu le 20 février 2008
Ce tout premier spectacle du New Circus of Asia a pour objectif de faire connaître au public d’ici les philosophies et disciplines artistiques orientales. Le mariage, bien qu'intéressant, manque malheureusement de souffle. Friands que nous sommes des prestations de haute voltige, de vitesse et de virtuosité auxquelles nous ont habitués le Cirque du Soleil et le Cirque Éloize, on ne peut qu'être déçus par l'apparente facilité des numéros présentés par la troupe de Jerry Snell. Le feuillet de publicité pour Flash vantait les mérites d'un spectacle qui dévoile les tendances récentes en arts martiaux, en kung-fu et en hip-hop, mais on ne retrouve rien de bien nouveau dans les démonstrations de capoeira (exécutées beaucoup trop lentement pour impressionner), de sabres et d'exercices au sol. Les culbutes, les courses d'un côté à l'autre de la scène et la manipulation esquissée des sabres et autres armes asiatiques suscitent plutôt le désir de voir les danseurs pousser plus loin leurs combats acrobatiques.
Tandis que les artistes manipulent leurs armes de cérémonie, l'excitation et l’impatience du public montent graduellement. Quel danger les artistes courront-ils ? Quelles surprenantes acrobaties vont-ils exécuter ? Cependant, les numéros déçoivent car ils demeurent simples, n’entraînant aucune montée dramatique. Ils semblent n’y être que pour accompagner la musique. Voilà, la musique prend toute l'importance dans ce spectacle. Elle résonne fort et donne des accents rock à la représentation, laissant croire que l'on assistera à un déploiement à sa hauteur : rapide et rythmé, de quoi faire sentir tout le danger des exercices. Or, seuls la contorsionniste Lena Ries et l'équilibriste, James Tanabe, également assistant-directeur, tirent réellement leur épingle du jeu, s’accordant à la vivacité de la trame sonore.
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14.02.2008
La femme d'avant
Présentée au Théâtre Prospero
Par le Groupe La Veillée
Texte de Roland Schimmelpfennig
Mise en scène de Theodor Cristian Popescu
Vue le 14 février 2008
Jeudi dernier, soir de la terrible St-Valentin, je suis allée voir "la Femme d'avant" au Théâtre Prospero.
La veille du déménagement de Claudia et Frank , mariés depuis 19 ans, Romy Vogtländer apparaît à leur porte et déclare avoir été et être toujours en couple avec Frank. Il y a plus de vingt-quatre ans, Frank lui a déclaré qu’il l’aimerait pour toujours. Forte de cette promesse, Romy revient pour réclamer qu’elle soit tenue. Voilà pour l'histoire.
Mais tout l'intérêt de la pièce réside, n'en déplaise à Sylvie St-Jacques, dans la construction du récit davantage que dans le récit. Popescu s'est amusé avec le texte de Schimmelpfennig (un auteur allemand) et a déconstruit la pièce. On joue les scènes dans le désordre, on passe de 7 minutes plus tard à 2 minutes plus tôt, on reprend plusieurs fois certaines séquences. Bref, c'est un joyeux casse-tête que j'ai pris plaisir à remettre dans l'ordre. Et puis le lent passage de la comédie vers l'horreur... Certes, on ne verse pas complètement dans l'horreur ni dans le drame, ça reste toujours plutôt rigolo, mais j'ai trouvé la présence de Romy bien inquiétante tout au long de la pièce.
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09.02.2008
Les enchaînés
Présentée à la Maison Théâtre
Par Flash Marionnettes
Mise en scène de Ismaïl Safwan
Texte de Philippe Dorin
Vue le 9 février 2008
Ah, me disais-je, enfin un spectacle de marionnettes! Le dernier remonte à bien loin, trop loin. Associé aux enfants, l'art de la marionnette se réfugie bien souvent sous le toit de la Maison Théâtre là où il faut s'y prendre 3 semaines d'avance pour dégotter une paire de billets. Heureusement, il y a quelques représentations en soirée et heureusement surtout que j'ai eu une invitation!
Mis à part quelques références et mots de vocabulaire typiquement français, on retrouve là tout le monde télévisuel et ses effets tout aussi dopant (tout y paraît pire, gros, débordant) et dépendant. Car ces pauvres marionnettes, enchaînées par d'autres fils que ceux auxquels on croit, ne peuvent plus quitter la télévision des yeux, de peur qu'il se passe quelque chose de terrible (la fin du monde sûrement) pendant qu'elles regardent ailleurs. Pauvre gamin à qui on remet la télécommande comme s'il s'agissait d'une baguette magique susceptible de contrôler l'univers. Certes, elle contrôle un monde, mais est-ce celui contenu dans l'écran ou celui du téléspectateur?
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07.02.2008
Les Grandes occasions
Présentée au Théâtre du Rideau vert
Texte de Bernard Slade
Traduction de Michel Tremblay
Mise en scène de Frédéric Blanchette
Vue le 7 février 2008
Je vous avoue que je ne suis pas une habituée de cette salle de théâtre. J'y ai été quelques fois, mais je n'y ai jamais vécu une expérience théâtrale profonde ni particulièrement renversante. On y fait, le plus souvent, du théâtre conventionnel.
"Les grandes occasions" ne déroge pas à cette ligne de conduite. Un couple divorce après 20 ans de mariage, mais leur vie commune ne s'arrête pas là puisqu'il y a les enfants et que les occasions de se revoir sont multiples. Ils ne coupent jamais tout à fait les liens et dans les moments plus difficiles, c'est naturellement vers l'autre qu'ils se tournent.
Louise Marleau et Gilbert Sicotte campent bien leurs personnages, chaque tableau permettant de découvrir l'évolution et les années qui les séparent. Hélas, la représentation adhère à la réalité. Je ne retrouve pas dans ce genre de théâtre, ce qui me colle à mon siège comme de la glue et m'empêche de quitter la scène des yeux. On m'a raconté joliment une belle histoire, ça ne va pas plus loin.
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Jour
Demain, c'est un moment stressant pour moi. Non, ce n'est rien, pas de quoi paniquer, tout ça, tout ça, mais je déteste les premières rencontres, encore plus quand j'ai quelque chose à prouver (ou à me prouver). Faut être soi-même, je sais, c'est ce que je suis à l'état quotidien, je crois pas avoir déjà été ou voulu passer pour une autre. Je suis trop mauvaise comédienne pour prétendre être ce que je ne suis pas. Mais c'est justement d'être moi-même qui me stresse! Parce que j'ai tellement une piètre image de moi que j'ai l'impression que les autres ne voient que ça quand ils me regardent. C'est dur pour l'ego et franchement pas facile à contrôler. C'est aussi irraisonnable que le vertige ou la peur des fourmis. Le défi : faire bonne impression sur autrui en ayant en fond sonore, aussi agaçant que déconcentrant, un "t'es nulle, t'es nulle, t'es nulle" vrombissant. Je SAIS que je suis capable de faire une bonne critique, une bonne analyse, je décortique toujours les sentiments, les situations, les évolutions, c'est une habitude. Je peux voir les forces et les faiblesses d'une production, d'une personne, d'une création, mais sous pression, j'offre une bien faible performance sur ce plan.
Je veux ce stage. Ça ne paie pas le futur appart, mais après trois mois de procrastination, ça fera du bien d'avoir une raison de se lever le matin (oui oui le matin et pas le midi ou l'après-midi...).
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